Quels sont les préjugés qui peuvent influencer l’adoption des animaux noirs ?

Avec leur belle robe noire et leur regard souvent mystérieux, les animaux noirs ne laissent pas indifférent. Pourtant, ils sont encore entourés de nombreuses idées reçues : porte-malheur, moins affectueux, plus difficiles à adopter… À l’heure où de nombreuses boules de poils attendent une famille en refuge, il est temps de distinguer les mythes de la réalité et de regarder ces compagnons au-delà de leur couleur.

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Malchance, agressivité, mauvais présage : les clichés ont la vie dure

Les chats noirs, mais aussi les chiens noirs traînent encore derrière eux une réputation bien injuste. Au Moyen Âge, les chats noirs ont notamment été associés aux sorcières et aux mauvais présages, des croyances qui ont traversé les siècles jusqu’à aujourd’hui. Les chiens noirs, eux aussi, souffrent d’une image négative, souvent nourrie par la culture populaire et certaines représentations du cinéma et de la littérature. Associés aux ténèbres ou aux mauvais présages, ils ont parfois été présentés comme des animaux inquiétants ou menaçants. Qui ne se souvient pas, par exemple, du Sinistros dans Harry Potter, ou du Chien des Baskerville de Sir Arthur Conan Doyle ?

Ces représentations ont contribué à ancrer certaines idées reçues : les animaux noirs porteraient malheur, seraient plus agressifs, moins affectueux, ou encore mystérieux et « différents » des autres.

Pourtant, selon les époques et les cultures, le noir peut aussi être synonyme de chance et de protection. Au Royaume-Uni, par exemple, les chats noirs ont longtemps été considérés comme de bons présages, notamment par les marins qui en embarquaient sur leurs navires ; au Japon, un Maneki-neko noir est également associé à la protection, tandis que dans l’Égypte antique, le chat était lié à la déesse Bastet, protectrice du foyer.

Malgré tout, les superstitions, ainsi que les représentations négatives véhiculées par le cinéma et la littérature, contribuent toujours à alimenter ce que l’on appelle le « syndrome de l’animal noir », qui peut poser problème à certaines boules de poils au pelage sombre.

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Le « syndrome de l’animal noir » : la conséquence des idées reçues ?

Le « syndrome de l’animal noir », souvent appelé « Black Dog Syndrome » ou « Black Cat Syndrome », désigne l’idée que les chiens et les chats au pelage noir auraient davantage de difficultés à trouver une famille en refuge. L’expression est toutefois à prendre avec précaution, car la réalité est plus nuancée. Certaines études* ont effectivement observé un désavantage pour les animaux noirs dans certains refuges, tandis que d’autres n’ont pas trouvé de différence significative. En réalité, les résultats varient selon les refuges, les espèces et les populations étudiées.

Plusieurs facteurs peuvent toutefois expliquer ces éventuelles difficultés. Les croyances et les préjugés autour du pelage noir peuvent influencer le regard des adoptants, mais des raisons beaucoup plus pratiques entrent aussi en jeu. Dans un refuge peu éclairé, un chien ou un chat noir peut être moins visible immédiatement, tandis qu’une photo mal éclairée peut avoir du mal à faire ressortir son expression et sa personnalité sur un site d’adoption. Or, lorsqu’une famille consulte des dizaines de profils en ligne, la première impression peut jouer un rôle important. Chez certains animaux, la couleur sombre peut donc indirectement compliquer la rencontre avec leur futur adoptant.

Derrière la couleur, un animal comme les autres

Au-delà de leur pelage noir, les animaux restent avant tout des individus avec leur propre caractère, leurs habitudes et leurs besoins. Un chat noir peut être joueur ou calme, très câlin ou plus indépendant ; un chien noir peut être énergique, réservé ou particulièrement affectueux. La couleur de leur robe ne permet pas de deviner leur personnalité.

Lorsqu’on envisage une adoption responsable, mieux vaut donc s’intéresser à ce qui compte vraiment : le tempérament de son futur compagnon, son niveau d’énergie, ses besoins quotidiens et sa compatibilité avec le mode de vie de sa famille. Pour cette raison, il est préférable de prendre le temps d’échanger avec les bénévoles, de rencontrer l’animal et d’observer son comportement plutôt que de s'arrêter à son apparence. Et si un chien ou un chat noir attire votre attention au refuge, pourquoi ne pas lui donner sa chance ? Derrière cette belle robe sombre se trouve peut-être le compagnon que vous attendiez…

* Voir par exemple Carini RM, Sinski J, Weber JD, "Coat Color and Cat Outcomes in an Urban U.S. Shelter", Animals (Basel), 2020 Sep 23;10(10):1720.