Que faire si vous découvrez une photo ou une vidéo de maltraitance animale sur Internet ?

On tombe parfois dessus par hasard, en faisant défiler son fil d'actualité ou en ouvrant une vidéo partagée par un proche. Face à des images de maltraitance animale, le premier réflexe est souvent la colère ou l'envie de les repartager pour alerter. Pourtant, ce n'est pas toujours la meilleure façon d'aider. Voici les bons réflexes à adopter pour protéger les animaux, sans contribuer malgré soi à la diffusion de ces contenus.

Illustration : "Que faire si vous découvrez une photo ou une vidéo de maltraitance animale sur Internet ?"

Une vidéo qui met mal à l'aise, une photo difficile à regarder, un live sur les réseaux sociaux ou même une petite annonce qui semble cacher une situation inquiétante… La maltraitance animale peut prendre bien des formes sur Internet. Derrière ces publications, on peut retrouver un animal privé de nourriture ou d'eau, abandonné, laissé sans soins malgré une blessure, victime de violences sexuelles ou encore exposé à des pratiques qui lui infligent des blessures ou des souffrances. Même si ces contenus suscitent souvent une vive émotion, le plus utile est d'agir avec méthode pour donner à l'animal les meilleures chances d'être secouru. Voici ce que vous pouvez faire.

Premier réflexe : réunir des preuves

La première chose à faire est de résister à l'envie de partager la publication, même pour dénoncer les faits. En la diffusant, vous risquez en effet de donner davantage de visibilité à son auteur ou de compliquer le travail des enquêteurs.

Mieux vaut commencer par conserver un maximum de preuves : faites des captures d'écran, copiez le lien de la publication, notez le nom ou le pseudo du compte, la date de diffusion et tout détail qui pourrait permettre d'identifier l'auteur ou l'animal.

Essayez également, si possible, de déterminer d'où provient la publication. Les faits semblent-ils s'être déroulés en France ? Connaissez-vous le lieu (ville, département ou région) ?

Une fois ces preuves réunies, il est temps de signaler ce contenu choquant.

Comment signaler le contenu ?

Commencez par prendre quelques minutes pour signaler la publication directement sur la plateforme où elle a été diffusée (Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, forum...). La démarche est généralement simple : sur Facebook ou Instagram, par exemple, il suffit de cliquer sur les 3 petits points en haut de la publication, puis de sélectionner « Signaler ». Ces outils permettent aux plateformes de repérer plus rapidement les contenus qui enfreignent leurs règles et, le cas échéant, de les supprimer.

Obtenir un devis

Le signalement ne doit toutefois pas s'arrêter là. Si les faits concernent la France, vous pouvez les transmettre aux forces de l'ordre ou via la plateforme officielle PHAROS, dédiée aux contenus illicites sur Internet.

Depuis 2024, le 3677, numéro national contre la maltraitance animale, permet également d'orienter les témoins. En cas de danger immédiat pour l'animal (dans le cas d’un live par exemple), contactez sans attendre la police ou la gendarmerie.

Vous pouvez aussi prévenir une association de protection animale. Elle pourra vous conseiller, aider à identifier l'animal ou accompagner les démarches si une procédure est engagée.

Enfin, soyez le plus précis possible dans votre signalement : décrivez ce que vous avez observé, indiquez le lieu si vous le connaissez et joignez les éléments que vous avez conservés.

Le contenu provient de l'étranger ? Dans ce cas, la situation est souvent plus complexe : les lois sur la protection animale varient en effet d'un pays à l'autre. Il faut alors se tourner vers les autorités compétentes du pays concerné.

Ne jamais intervenir soi-même

Face à des images de maltraitance animale, l'envie de réagir immédiatement est parfaitement compréhensible. Pourtant, mieux vaut éviter les actions impulsives. Encore une fois, ne partagez pas la vidéo ou la photo, même pour dénoncer les faits : les algorithmes des réseaux sociaux ne font pas la différence entre un partage de soutien et un partage d'indignation. Plus un contenu suscite de réactions, plus il est mis en avant et diffusé à d'autres internautes.

Évitez également de contacter directement l'auteur présumé, de l'accuser publiquement ou de divulguer ses informations personnelles. Ce type de « justice populaire » peut rapidement dégénérer en harcèlement et compromettre une éventuelle enquête. Dans certains cas, des proches sans lien avec les faits peuvent eux aussi être pris pour cible.

La meilleure façon d'aider est donc de garder les preuves, de signaler le contenu aux plateformes et aux autorités compétentes, puis de laisser les enquêteurs faire leur travail. Cette démarche limite la diffusion d'images choquantes, protège les personnes concernées par la procédure et donne davantage de chances à l'animal d'être secouru.